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Amel TV : Les non-dits d’une campagne en faveur du 5e mandat et contre Gaid Salah

Qui mieux que des opposants virulents, au vocabulaire injurieux, pour vendre le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika aux Algériens. La chaîne de télévision lancée en catastrophe par Hichem Aboud, Amel TV, a accueilli récemment deux personnages pour animer un débat sur la présidentielle en Algérie.

Amel TV est lancée suite à l’ouverture en avril 2018 par Hichem Aboud, actuellement recherché en Algérie, de la société Amel TV Sàrl à Genève. En début décembre dernier, une société annexe a été ouverte à Lille, en France, pour facilité son activité dans l’Hexagone.

La chaîne peinait à être lancée en raison de l’absence de fonds, cependant, depuis quelques semaines, les contraintes financières semblent complètement dissipées. C’est justement au moment du lancement d’une émission dédiée à l’élection présidentielle du 18 avril prochain en Algérie que le dirigeant de cette chaîne ne se soucie plus des finances. Il annonce même aux politiques qui voudraient intervenir sur sa chaîne de pouvoir leur payer billet d’avion et frais d’hôtel.

En janvier dernier, Abdou Semmar, soumis à une interdiction de sortir du territoire national, a pu rallier en France Hichem Aboud, lui et Merouane Boudiab, grâce à une complicité supposée. Depuis, le débat sur la Présidentielle prend une tournure inattendue ; les trois fugitifs soutiennent désormais le 5e mandat de Bouteflika, le présentant comme unique option pour l’Algérie.

Outre le soutien affiché au clan Présidentiel, les « trois mousquetaires » s’en prennent de manière drastique à deux ou trois personnalités. Il s’agit principalement du Commandant de la Gendarmerie nationale, le Général Ghali Belekcir, qu’ils accusent d’avoir tenté un putsch contre le Président Bouteflika. Un coup d’état avorté, selon eux, mais qui, l’on ne sait par quel miracle, n’a impliqué aucune arrestation.

La deuxième personnalité attaquée n’est autre que le Chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le Général de Corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah. Si Hichem Aboud se montre plutôt soft, c’est Abdou Semmar qui verse, à chaque épisode, son fiel contre le vice-ministre de la Défense, l’accusant, entre autres, de s’impliquer en politique.

Outre ces deux responsables, les trois stars de la critique s’en prennent unanimement au patron de la chaîne Nahar TV, le très controversé Anis Rahmani. Celui-ci est accusé, tenez-vous bien, de ne pas soutenir la candidature d’Abdelaziz Bouteflika ; on lui reproche presque le fait de ne pas faire de sa chaîne un instrument de lynchage actionné contre tout candidat qui s’opposerait à Bouteflika. L’on l’attaque comme si l’on voulait le pousser à faire, de force, un « sale boulot » contre les autres candidats, surtout le général Ali Ghediri. Pour ce dernier, les analystes d’Amel TV croient dur comme fer qu’Anis Rahmani le soutiendrait, sous la demande d’Issad Rebrab, qui l’aiderait financièrement. L’on évoque à cet effet la somme de 10 milliards de centimes versés par l’homme d’affaires.

Sur les réseaux sociaux, le revirement de position de Aboud, Abdou et Merouane passe mal. Les internautes ne pouvaient pas ne pas remarquer le soutien affiché des « trois mousquetaires » au pouvoir en place. Cependant, il ne s’agit nullement d’un soutien gracieux. Selon nos informations, un homme d’affaires d’Alger injecte sans compter des euros dans les caisses d’Amel TV en contrepartie d’une ligne éditoriale prédéfinie.

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