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Décryptage | Comment Amel TV soutient Ghediri et discrédite les alliés de Bouteflika

La chaîne lancée en catastrophe par Hichem Aboud cet été, Amel TV, affiche désormais la couleur. Elle se veut consacrée au rendez-vous électoral crucial du 18 avril prochain.

Son émission phare, intitulée présidentielle 2019, met en scène justement trois personnages, Hichem Aboud, Merouane Boudiab et Abdou Semmar. Ces derniers se lancent dans des lectures et analyses relatives à la présidentielles. C’est dans ce cadre que le Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Président de TAJ Amar Ghoul, le coordinateur du FLN Mouad Bouchareb et le Président du MPA Amara Benyounès, ont été violemment fustigés, voire même insultés. Ces derniers sont, à juste titre, les leaders des partis de la coalition présidentielle et alliés attitrés d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Si les alliés de Bouteflika sont traités de tous les noms de oiseaux, le Général-major à la retraite, Ali Ghediri, lui, sort avec les éloges. Candidat autoproclamé de la « rupture », Ali Ghediri se voue à tous les saints pour rassembler les 60 000 signatures dans une première étape, puis espérer une « marrée humaine » qui le propulserait vers la magistrature suprême.

Ainsi, dans l’émission diffusée samedi 2 février, Hichem Aboud a traité le Secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, de « larbin du pouvoir ». « Ouyahia a toujours été dans le sérail. Il est la création du général Toufik. C’est un bonhomme que quand tu le frappes, il se tait […]. Coucher ! (il se couche), debout ! (il se lève). C’est pour cela qu’ils font toujours appel à lui », a déclaré Hichem Aboud.

Au sujet d’Amar Ghoul, le patron d’Amel TV affirme qu’il est un agent des « services » depuis qu’il était étudiant. Le leader de TAJ est ainsi qualifié de « Zeffaf » (indic). Tout en banalisant son profil et les missions auxquelles il s’adonne, Amar Ghoul est qualifié de petit indicateur en bas de l’échelle.

Pour le coordinateur du FLN, le jeune Mouad Bouchareb, il a été violemment attaqué pour sa « langue de bois ». Pour Hichem Aboud, Mouad Bouchareb recoure à la « langue de bois » parce qu’il manquerait de « courage pour faire un état des lieux pour dire qu’il n’y a pas un homme parmi nous qui peut se porter candidat ».

Amara Benyounès, lui, a été taxé d’un personnage qui attire les scandales et les ennuis aux autorités par ces dérapages répétés.

Dans la foulée, les analystes d’Amel TV chantent les louanges d’Ali Ghediri. A cet effet, Hichem Aboud refuse que l’on compare Ghediri à Ali Benflis. « Ghediri n’a pas appartenu au système, il était dans une institution de l’Etat, qui est l’institution militaire. Il a gravi les échelons loin de tout copinage […]. C’est homme cultivé et instruit qui a trouvé la scène vide et s’est dit pourquoi pas moi », a déclaré le patron d’Amel TV.

« C’était un militaire qui a géré pendant 15 ans les effectifs de l’Armée, qui était dans la marine. Il a été formé dans les grandes écoles », a-t-il affirmé.

 

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